Feldman
family album

English version








Leizer Feldman born 4-1-1887 in Raducaneni
and his wife Sima Brana born 7-11-1894 in Iasi
taken around 1918 before they  married


Leizer and Sima
taken around 1955 in Iasi

HISTOIRE DE LA FAMILLE FELDMAN-LUPU A RADUCANENI de 1850 à 1964. http://kehilalinks.jewishgen.org/raducaneni/Images/Icons/france-flag%5B1%5D.gif

 

Le premier représentant du nom des Feldman à Raducaneni est Froim Feldman, mon arrière grand père paternel, le père de Leizer Feldman, dont le fils est Osias Feldman, mon père.

Froim Feldman était originaire de Iasi[1]. Il s’est établi à Raducaneni après son mariage avec Haia dont la famille habitait là, comme en atteste son acte (ci-dessous) . Il a environ 20 ans et ne travaille pas encore au moment de son mariage. Sa vie professionnelle de commerçant commence à Raducaneni.

Cette bourgade situé à une quarantaine de km de Iasi encourageait l’implantation de commerçants. Comment fit-il la connaissance de Haia ?Est-elle une cousine éloignée ? la rencontra-t-il un jour où elle vint à Iasi faire des courses dans le magasin de son père Herscu ?

Les parents de Haia LUPU : Aron et Dvoira habitaient à Raducaneni, Plasa Podoleni, mais Raducaneni ayant été crée vers 1839[2], l’origine des LUPU sera à chercher ailleurs.

Arbre Haia LUPU et Froim FELDMAN


Sur son acte de mariage, il signe à la fois sous le  nom de FELDMAN et de FILDMAN, son père, Herscu FILDMAN était commerçant à IASI. Froim chang-t-il de nom en s’installant à Raducaneni, Froim ou bien s’agit-il d’une erreur de transcription ?

Acte de mariage de Froim Feldman et Haia Lupu
Registru starei civile pentru căsătoriţi No. 7
Froim Fildman cu Haia Lupu
    Din anul una mie opt sute optzeci şi patru, luna iunie, în douădzeci zile, oara douăspredzeci din zi. Act de căsătoria lui Froim Fildman, în etare de douădzeci de ani, fără profesie, domiciliat în urbea Iaşi, despărţirea a doua, fiu major holtei a d-lui Herşcu Fildman, de profesie comerciant şi a Beilei Fildman, fără profesie, ambii domiciliaţi în urbea Iaşi, despărţirea a doua, cu d-şoara Haia Lupu, în etate de optusprezeci ani, fără profesie, domiciliată în comuna Răducăneni, plasa Podoleni, judeţul Fălciu, fiica majoră a d-lui Aron Lupu, de profesie comerciant şi a Dvoeria Lupu, fără profesie, ambii domiciliaţi în comuna Răducăneni, plasa Podoleni, judeţul Fălciu, care au fost de faţă şi au consimţit prin viu grai la această căsătorie. ne-au declarat că nu s-au făcut nici un act prin tribunal la această căsătorie. Actele preliminare sunt: publicaţiile făcute fără oposiţiune în urbea Iassy, al viitorului soţu, în duminicile de la treispredzece şi douăzeci maiu, după cum probează certificatul eliberat de officiul stării civile al urbei Iassy despărţirea a doua, şi că nu s-au ivit nici o opoziţiune la această căsătorie, sub numărul una sută nouă, luna mai, în douădzeci şi patru zile, anul una mie opt sute optzeci şi patru. Asemenea publicaţiunea viitoare soţii, în comuna Răducănei, plasa Podoleni, judeţul Fălciu, în duminicile de treispredzece şi douădzeci mai, anul curent, asupra căruia nu s-au ivit nici o opoziţiune. Actul de naştere a viitorului soţu este procesul verbal eliberat de primarul urbei Iassy sub număr şase mii două sute treidzeci şi nouă, luna mai în şasespredzece zile, anul curent; asemenea actul de naştere a viitoarei soţii esti procesul verbal eliberat de primăria comunei Răducăneni, pasa Podoleni, judeţul Fălciu, sub numărul trei sute şaptezeci şi trei, luna maiu, în douădzeci şi nouă dzile, anul curent. Tuturor acestor acti parafati de noi s-au oprit la primărie spre a rămânea la registru alăturati precum şi Capitolul al VI-lea de sub titlul V Cod civil. S-au dat cetire de noi, în auzul tuturor celor de faţă, mai sus arătaţi, după care contractanţii au declarat unul că voieşte a lua în căsătorie pe d-şoara Haia Lupu şi alta pe d-lu Froim Findelman. Şi noi Gheorghi Ionescu, primaru şi oficieru stării civile am pronunţat în numile legii că contractanţii sunt uniţi în căsătorie. Toate celi de sus s-au făcut în publicu, în casa primăriei, în fiinţa ceruţilor patru martori şi anume: Leiba Moscvici, în etati de cincidzeci şi trei ani, de profesie comerciant, Haim Ladzarovici, în etate de cincidzeci ani, de profesie butnaru, Altăr Vainberg, în etate de patrudzeci şi cinci ani, de profesie dascăl şi Moise Leib Cuperman, în etate de patrudzeci şi opt ani, de profesie harabagiu, ambii domiciliaţi în comuna Răducăneni, plasa Podoleni, judeţu Fălciu, cei doi dintâi din partea viitorului soţu şi cei doi de pe urmă din partea viitoarei soţii, care nu sunt rude, decât mahalagii cu părinţii viitorilor soţi.
Şi după ce am dat cetire acestue actu în audzul celor de faţă, soţi, părinţi ai viitorilor soţi şi martori le-am subscris acest act împreună cu noi primaru comunei şi oficier stării civile.
Viitorii soţi: Froim Fildman Froim Feldman semnătură cu litere latine
Haia Lupu Haia Lupu semnătură cu litere latine   
Părinţi ai viitorilor soţi: Herşcu Fildman semnătură idiş
Beila Fildman  semnătură idiş
Aron Lupu semnătură idiş
Dvoira Lupu semnătură idiş
Martori: Leiba Moscovici semnătură idiş
Haim Ladzarovici semnătură idiş 
Altăr Vainberg semnătură idiş
Moise Leib Cuperman semnătură idiş
Primar şi officier stărie civilă, G. Ionescu.


La première loi en Roumanie exigeant qu’une personne porte à la fois un nom de famille et un prénom date de 1895. Cependant les personnes habitant dans les zones rurales ont continué de changer leur nom à leur convenance et les lois ne furent appliquées réellement qu’à partir de 1920. A l’époque il était courant que les personnes donnent d’abord leur prénom, puis leur nom. En Valachie et en Moldavie, l’alphabet cyrillique fut utilisé pour écrire jusqu’en 1860 (1863). Entre 1830-1860 l’écriture devint assez chaotique avec le développent d’une sorte d’alphabet de transition, un alphabet cyrillique adapté au langage phonétique roumain. Les noms étrangers sont habituellement mal orthographiés dans les documents officiels – ils étaient enregistrés en caractères roumains selon la prononciation. Les juifs ne parlaient souvent que le Yiddish et une erreur pouvait se glisser dans les actes administratifs. On peut noter que les parents des deux époux signent en Yiddish, sur l’acte de mariage, alors que Froim et Haia signent en lettres latines, signe de leur scolarisation dans une école roumaine.
Ces données plaident en faveur d’une erreur possible sur l’orthographe du nom lors de l’enregistrement de l’acte de mariage.

Par ailleurs, le frère cadet Pieritz Iona Feldman né à Iasi en 1870, se marie en 1892 à Raducaneni et s’y établit aussi. Sur son acte de mariage, seul le nom de Feldman figure. Herscu et Beila, ses parents, signent également sous ce patronyme.

Nous ne savons donc pas si le nom de Fildman a été transformé en Feldman dans les années 1884 ou s’il s’agit d’une erreur de transcription. La double signature de Froim à la fois sous le nom de Fildman et de Feldman laissent suppose un changement de nom au moment de l’arrivée à Raducaneni.


Le mystère reste entier.


Fildman et Feldman ont la même racine, c’est un nom d’origine allemande, il signe certainement une origine ashkénaze et témoigne peut-être d’une migration passée depuis l’Allemagne ou l’Autriche vers les pays de l’est?
Les deux noms veulent dire « homme des champs, paysan » cependant tous les hommes de la famille étaient commerçants et non agriculteurs.


Un an après leur mariage, en novembre 1885, Haia perd sa mère Dvoira, âgée seulement de 45 ans, elle est certainement enceinte de son premier enfant.

Froim était né à Iasi, on ne sait pas bien quand, à chaque fois qu’il déclare un nouvel enfant (ils en ont eu dix en tout), l’acte de naissance mentionne un âge qui le fait naître à une date de naissance différente, mais c’est chose courante à l’époque. Il serait vraisemblablement né entre 1860 et 1862, quand à Haia, de deux sans sa cadette, elle serait née entre 1862 et 1867.
La Roumanie est régie à cette époque par le calendrier julien.

Au moment de leur naissance, la Roumanie ressemblait à ce qui figure sur la carte et venait d’être proclamée « état de Roumanie ». Depuis 1411, la Valachie et la Moldavie étaient sous domination ottomane. Depuis le traité de Paris en 1856, l’autonomie de ces deux principautés était reconnue, la Bessarabie redevenue moldave, mais les principautés étaient toujours sous la dépendance ottomane. En février 1859 Alexandru Ion Cuza est élu prince de Moldavie, puis renversé en 1866 par la prince Charles de Hohenzollern-Sigmaringen qui devient prince de Roumanie sous le nom de Carol 1er. Il faudra attendre le 10 mai 1881, suite aux guerres russo-turques pour que l’indépendance de la Roumanie soit proclamée et qu’elle devienne enfin un royaume indépendant.
Ces événements avaient lieu lors de l’adolescence de Froim et de Haia qui virent l’état roumain prendre son indépendance.

Picture Carte Roumanie

Froim épousa Haia le 20 juin 1884 à 12h00 à Raducaneni, sur l’acte de mariage il a 25 ans (naissance en 1859 ?) et est déclaré sans profession, célibataire majeur, fils de Herscu Fildman, commerçant à Iasi. Il s’installe donc avec Haia à Raducaneni.

Une première petite fille, Rebeca naît en 1885-1886 ? Son acte de naissance reste introuvable. Plus tard quand elle se mariera, son acte de mariage mentionnera qu’elle est née en 1886 mois et jour inconnu à Raducaneni.
Ses parents l’avaient-ils déclarée ?

En 1887 naît Leizer, mon grand père. Sur son acte de naissance, Froim déclare qu’il a 24 ans et qu’il est  commerçant. Il serait alors né en 1863.

 

Picture : birth Feldman Leizer

Dix enfants naîtront de cette union en l’espace de 21 ans. Quand Haia accouche de Tauba sa petite dernière, elle a autour de 43 ans. Une vie de labeur, de nombreuses bouches à nourrir, des enfants qui meurent en bas âge (Dvoira et Sura) et un antisémitisme latent qui explose de temps en temps tant en Europe qu’à Raducaneni.

 picture: arbre herscu


Si en France, c’est l’époque où l’on construit la tour Eiffel en 1889 pour le bicentenaire de la révolution française, c’est aussi l’époque où la Russie multiplie les pogroms. Une première vague de massacres eut lieu entre 1881 et 1884. Alexandre III, qui succéda à son père Alexandre II assassiné, mit fin à la politique libérale de ce dernier. Il mena dès son avènement une politique antisémite. Les Juifs furent rendus responsables de l'assassinat du tsar précédent. La politique du gouvernement au sujet des Juifs tenait dans ce programme : « Un tiers des Juifs sera converti, un tiers émigrera, un tiers périra». En 1881 éclatèrent plus de cent pogroms : les principaux furent ceux d'Elisabethgrad le 15 avril 1881, de Kiev le 26 avril, d'Odessa du 3 au 5 mai 1880, de Varsovie, alors possession russe entre décembre 1881 et janvier 1882 et de Balta le 22 mars 1882. Les populations locales chrétiennes, soutenues et souvent incitées par la police du tsar, attaquèrent les communautés juives de la ville ou du village avec l'approbation des autorités civiles et religieuses. Aux destructions et pillages des biens des Juifs s'ajoutèrent les viols et les assassinats. La troupe n'arrivait souvent que trois jours après le début du pogrom. Le gouvernement russe utilisait les pogroms pour limiter les droits économiques des Juifs et les expulser des villages.

Une deuxième vague de pogroms frappa les populations juives entre 1903 et 1906. Les plus importants furent ceux de Kichinev le 6 avril 1903, de Jitomir en mai 1905 et de Bialystok le 1er juillet 1906. À Kichinev, c'est le meurtre d’un jeune chrétien, Michael Ribalenko, qui mit le feu aux poudres. Bien qu'il fût clair que l'enfant ait été tué par un parent, qui fut d'ailleurs arrêté plus tard, un journal antisémite de langue russe, insinua qu'il fut tué par les Juifs pour utiliser son sang dans la fabrication de la matza. Accusés de crime rituel, les juifs subirent un pogrom de trois jours, le gouverneur ayant donné l'ordre à la police de ne pas intervenir. Après le pogrom d'avril 1903, les Juifs de Kichinev organisèrent des comités d'autodéfense. Cela n'empêcha pas 19 d’entre eux de périr lors de nouvelles attaques les 19 et 20 octobre 1906. Kichinev/Chisinau était la capitale de la Bessarabie, alors sous domination russe, située à 150 kms à peine de Raducaneni. Des cosaques avaient traversé la rivière Prut à cheval pour venir tuer des juifs dans les rues de Raducaneni, laissant les corps sans vie dans les rues de la ville. Ces pogroms convainquirent des milliers de Juifs russes à quitter la Russie pour l'Ouest et éventuellement pour la Terre d'Israël générant une nouvelle vague d’immigration juive. Ils devinrent un argument mobilisateur pour les premiers sionistes.[3]

A l’ouest, la France était déchirée par l’affaire Dreyfus, le capitaine Dreyfus fut inculpé en 1894 pour espionnage sur la base de faux documents, parce qu’il était juif. Il ne sera réhabilité qu’en 1906.

En mars 1907 éclata en Roumanie la révolte des fermiers. Les paysans maintenus dans la misère par un système d’usure et des contrats de fermage abusifs se révoltèrent alors que sévissaient la sécheresse et disette. Elle toucha les campagnes de Moldavie, puis les villes, et s’étendit en Valachie. Des fermiers et des propriétaires furent tués, des récoltes incendiées, des boutiques pillées… Le 18 mars 1907, l’état d'urgence fut décrété. Les libéraux s’allièrent aux conservateurs alors au pouvoir et le gouvernement fit appel à l’armée qui réprima la jacquerie dans le sang. La censure ayant été instaurée pendant cette période, on ne connaît pas avec précision le nombre de paysans tués, mais les historiens l’estiment à 11 000. L’événement marqua considérablement les consciences et la question agraire s’imposa désormais comme une priorité.

Froim avait alors 47 ans, il était déjà père de dix enfants, sa petite dernière, Tauba avait à peine 2 ans. Lors de cette révolte, les autorités de Raducaneni utilisèrent cet événement pour générer un climat antisémite; ce qui eut pour conséquence d’inciter les gitans de la ville voisine de Pietris à venir envahir Raducaneni pour piller les maisons juives. Les fermiers prirent leurs pelles et leurs pioches et guidé par le curé de la paroisse vinrent au secours des familles juives. Ils repoussèrent les pilleurs. Mais les autorités, hostiles aux juifs réussirent en décembre de la même année, à expulser six familles juives sous prétextes qu’elles troublaient l’ordre public. Elles tentèrent même d’expulser tous les juifs au début de l’année 1908, mais n’y parvinrent pas. Avec 30% de juifs quittant Raducaneni, l’économie aurait été très perturbée.

Quel fut l’impact de cet événement sur la famille Feldman ? A peine quelques années plus tôt s’étaient déroulés les effrayants pogroms de Chisinau/Kichinev et son débordement à Raducaneni.

Trois décennies plus tard, Leizer aura 53 ans quand s’abattra sur l’Europe l’horreur nazie, la répétition d’une vieille histoire, poussée à son paroxysme.

En 1648, déjà la Grande Pologne au nord de la Roumanie, qui abritait 80% de juifs fut le théâtre de violences inouïes contre eux. Les paysans ukrainiens étaient soumis à un impôt exigé par les seigneurs polonais, qui les taxait lourdement. Pour collecter cet impôt, ces seigneurs employaient des juifs en raison de leur habilité de commerçants. Ils étaient régisseurs et métayers. En 1648 Bogdan Chemieski, le chef des cosaques, s’allia aux ukrainiens, ils s’en prirent aux régisseurs juifs et par extension à tous les autres juifs. Ils mirent la Pologne à feu et à sang. 300 villages furent exterminés. Seuls quelques uns survécurent à ces massacres. Un rabbin s’enfuit à Venise et y publia sa chronique « le fond de l’abîme[4] » pour que l’on n’oublie jamais. Pris de panique, les survivants fuyaient la Pologne.


Picture Carte Roumanie Ukraine

 

L’origine des Feldman et des Lupu


Avant Raducaneni et Iasi d’où venait notre famille ? fut-elle originaire des ces régions là ? Emigra-t-elle vers la Moldavie fuyant les pogroms de Russie et de Pologne ? ou bien était-elle plutôt originaire d’Allemagne

D’origine Ashkénaze, les lointains ancêtres des porteurs du nom de Feldman de notre famille devaient venir d’Allemagne et faire partie d’une des vagues d’immigrations des juifs ashkénazes qui peuplèrent la Moldavie. Furent-ils parmi les premiers arrivants lors des vagues d’immigrants askénaze venus d’europe centrale au Moyen Age ? Ou bien étaient-ils déjà là arrivés en Dacie (ancienne Roumanie) avec les légions romaines dès le premier siècle après JC ?

Ou encore avaient-ils fui les pogroms russes de 1648-1649 lors de la guerre lituano-polonaise qui opposa les cosaques russes aux nobles polonais ?

Étaient-ils originaires de Bessarabie juste de l’autre côté de la frontière, une région tantôt russe, tantôt roumaine ?

La Bessarabie fut plus clémente envers les juifs que le reste de la Russie jusque dans les années 1880 où l’on expulsa des familles juives des villages, et perpétra les pogroms de 1903 et 1905 de Kichinev. Mais en 1880, notre famille était déjà implantée en Moldavie.

Dans l’histoire de Raducaneni il est dit que de nombreuses familles qui s’y installèrent venait de Galicie en particulier de Lvov, par vague d’immigrants entre le XVIII-XIXème siècle, la branche des LUPU serait-elle originaire de cette région ?

                                                                 picture:  cartes migrations juives en roumanie

Les enfants de Froim Feldman et Haia LUPU

Sur les dix enfants mis au monde, Dvoira, leur 4ème enfant, décéda à l’âge de 1 an et demi en 1893. Sura, leur 5ème fille est née le 23 octobre 1893 mais nous n’avons pas aucune trace de son acte de décès.  

La plupart des enfants de Froim et de Haia vinrent s’intaller à Iasi, la ville voisine et devinrent commerçants ou épousèrent des commerçants.

Rebeca se maria avec Froim Katz (Iancu) en aout 1908, elle mourut suite à une opération de calculs biliaires avant la deuxième guerre mondiale.

Izidor devint commerçant à Iasi. Il mourut lors de la 2ème guerre mondiale pendant le bombardement de Iasi du 5-6 juillet dans sa maison avec sa femme Olga et son fils Haynu. Il cacha mon père, au péril de sa vie,  lors du pogrom de Iasi en juin 1941, quand celui-ci réussit à s’en échapper.

Roza épousa Bentin Goldenberg, ce dernier fut emmené en même temps que mon père lors du pogrom de Iasi. Roza et Bentin émigrèrent en Israël après  la guerre comme de nombreux autres juifs.

Hana décéda à 21 ans de tuberculose.

Irena épousa Misu Pascal qui était fonctionnaire et Tauba épousa Beno Moscovici, commerçant. Elles furent les seules à rester à Iasi après la guerre.

Hersco, Herman devint commerçant. Il épousa Anuta Marcovici et émigra en Israel. Il eut un fils, Liviu qui eut deux fils. Ils sont les seuls héritiers du nom des Feldman de la branche de Froim.

Leizer Feldman était mon grand père. Il naquit à Raducaneni en 1887. Le 4 janvier. A l’époque la Roumanie utilisait le calendrier julien[5]. Dans la réalité du calendrier grégorien il est né le 16 janvier de cette année là.
A l’âge de 12 ans (1899) il faisait déjà ses premières affaires en vendant quelques objets par ci par là.

Leizer avait entre 16 et 19 ans lorsqu’eurent lieu les pogroms de Chisinau, la révolte des fermiers et les tentatives d’expulsion des juifs de Raducaneni. Ces événements l’ont-il incité à quitter Raducaneni pour aller s’installer à Iasi ? Ou bien ne voulait-il tout simplement pas rester à Raducaneni, une bourgade essentiellement peuplée de fermiers ? Toujours est-il qu’il en partit très jeune pour monter son propre commerce en s’associant à un cousin, puis à son beau frère, Froim, le mari de Rebeca, puis à son frère Izidor.

Il avait certainement déjà quitté Raducaneni lorsqu’éclata la première guerre mondiale ? Âgé alors de 29 ans, il fut soldat dans la cavalerie « Sapte Rosiori », et dut se réfugier à Odessa en Ukraine pendant la retraite en 1916, à environ 260 kms de la frontière roumaine pour ne pas être fait prisonnier par les forces allemandes.

Au retour de la guerre, Leizer épousa Sima-Brana le 27 novembre 1918. Son premier fils, mon père Osias, naquit le 26 septembre 1919 suivi de deux autres garçons : Fredi (Froim) le 17 juillet 1922 et Jean (Iancu) le 20 juin 1929.

Leizer s’établit à Iasi. Il tenait un magasin qui s’appelait « la Pisica » (le chat) sur la rue Costache Negri. Le magasin tirait son nom de son association avec son beau-frère, Froim Katz. Katz veut dire chat en allemand. Il y vendait des articles de mercerie, des aiguilles, des rubans, des poupées avec des chapeaux qui faisaient pipi lorsqu’on appuyait dessus.

La période de l’entre deux guerres offrit une vie plus paisible qui s’écoulait rythmée par les fêtes officielles, le théâtre, le cinéma et les visites entre voisins et cousins qui habitaient à quelques rues de là. Les automobiles ne roulaient pas à plus de 50 kms/heure et il y avait surtout des calèches avec des chevaux qui soulevaient un nuage de poussière quand elles passaient devant la maison.

La fin des années trente ont vu la montée du fascisme et de l’antisémitisme. La seconde guerre mondiale éclata. Iasi, ville frontalière avec l’URSS fut le théâtre d’un effroyable pogrom. Le magasin de Leizer brûla lors d’un bombardement. Son frère Izidor mourut sous les décombres de sa maison.

Au lendemain de la guerre, le parti communiste prit le pouvoir. Jean émigra en France et une décennie plus tard y fit venir ses parents et ses frères.
Mes parents émigrèrent en mai 1964, Fredi et Eva arrivèrent en juillet et Leizer et Sima arrivèrent à l’automne de cette année là.
Quand Leizer quitta la Roumanie, il tenait encore son magasin à l’âge de 77 ans. Lorsqu’il arriva en France, il ne parlait pas la langue, petit à petit son état cognitif déclina. Il mourut en 1974 à l’âge de 87 ans.

Les descendants de Froim et Haia ont vécus soit à Iasi, soit émigrèrent vers Israël ou la France



Danielle Feldman
feldman.danielle@wanadoo.fr

 

1) Tant Iasi que Raducaneni étaient des villes avec un pourcentage important de juifs. En 1859 Raducaneni comporte 378 habitants, dont 81% sont juifs. Ce pourcentage ira en diminuant jusqu’à la disparition quasi-totale des juifs après la seconde guerre mondiale

2) voir histoire de raducaneni

3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Pogrom

4) Le Fond de l'abîme, Rabbi Nathan Nata Hannover

5) La Roumanie adopta le calendrier grégorien le 18 mars 1919

 

STORY OF THE FELDMAN-LUPU FAMILY AT RADUCANENI between 1850 and 1964. http://kehilalinks.jewishgen.org/raducaneni/Images/Icons/united-kingdom.jpg

For the pictures see French version 

The first person called Feldman at Raducaneni was Froim Feldman, my  great grand father, Leizer Feldman’s father, and grand father of my father Osias Feldman.

 

Froim Feldman was born in Iasi[1]. He came at Raducaneni after his marriage with Haia who’s family lived there. Raducaneni situated 40 km from Iasi encouraged merchants to come. He’s 20 years old or so when he get married and his professional life began in Raducaneni.

How did he met Haia ? was she a cousin ? Did she came to buy something in his father’s shop. Her parents : Aron et Dvoira dwelled in Raducaneni, Plasa Podoleni. Raducaneni being founded in 1839[2], the origin of the LUPU has to be sought elsewhere.

 

 

Haia LUPU et Froim FELDMAN tree

See below 

On his marriage certificate, Froim sign both under the name of FELDMAN and FILDMAN. His father Herscu FILDMAN was trader in IASI. When he arrived in  Raducaneni, Froim changed his name ! Was it an error ? But both names are on the certificate ! A correction then ?

The first law in Romania requiring people to bear both a first name and a surname was passed in 1895. However, people living in rural areas still changed names to their liking and the regulations were not effectively applied until the 1920s. At the time it was common for people to list first their first (given) name then the family name.

In Walachia and Moldova the Cyrillic alphabet was used for writing up to 1860 (1863). Between1830-1860 writing became quite chaotic with the development of a sort of transition alphabet, a Cyrillic alphabet phonetically adapted to the Romanian language. Foreign names are usually misspelled in official records - they were recorded with Romanian characters, as pronounced. Jews often spoke only Yiddish and errors were common at that time. Note that on this marriage certificate, the newly-weds parents signed in Yiddish, while Froim and Haia sign in latin characters, showing they learnt Romanian.

 

Froim’s younger brother, Pieritz Iona Feldman born in Iasi in 1870, also married 1892 in Raducaneni and settled there. His marriage certificate mention the name of Feldman only. Herscu and Beila, his parents also signed under this name. So we don’t know if the name of Fildman was transformed into Feldman after 1884 the year Froim settled in Raducaneni or if it is an error. Froim signed his marriage certificate under both name Fildman and Feldman so it is probably a voluntary change and not an error.

These are only hypotheses.

 

Anyway Fildman and Feldman have the same origin, a name of German origin, maybe a sign of a past eastward migration of the Jews from Germany or Austria?

Both names mean « field man » farmer, but the men of the familiy were traders and not farmers.

 

The year after she married, Haia lost her mother in novembre 1885, aged only 45. She was certainly pregnant with her first child.

 

Froim was born in Iasi, the precise date being unknown ; each time he registered one of his children (they would have 10) he declared an age that always changed his birthday. But at that time, it was very common.

He might have been born between 1860 and 1862, as for Haia, two years younger than him, she could have been born between 1862 et 1867.

The calendar used at that time was the Julian Calendar.

 

At the time of Froim’s  and Haia’s birth, Romania looked like the land you can see on the map below and was fighting for its independence.

 

From 1411, Wallachia and Moldavia were under Ottoman domination. Since the Paris treaty in 1856, the autonomy of these two counties was recognized, Bessarabia being given back to Moldavia, but it was still being ruled by Turkish Sultans. In

 


 
February 1859 Alexandru Ion Cuza becamePrince of Moldavia, only to be overthrown in 1866 by Charles of  Hohenzollern-Sigmaringen who became Prince of Romania under the name of  Carol the First. But we must wait until May the 10th 1881, for Romania to be declared an independant Kingdom as a result of the Russo-Turkish wars.


 These events took place when Froim and Haia were teenagers.

 

Froim married Haia on the 20th of June 1884, at noon, in Raducaneni. His age mentioned in the marriage certificate is 25 (he would then, have been born in 1859 ?) he is also declared as having no occupation, to be a bachelor and son of Herscu Fildman, trader in Iasi. He settled in Raducaneni with Haia.

 

A first daughter, Rebeca, was born about 1885-1886 ? Her birth certificate remains undiscovered. Later, her marriage certificate states that she was born in 1886, month and day unknown in Raducaneni.

Did her parents register her ?

In 1887 comes Leizer, my grandfather. In his birth certificate, Froim states that he is 24 and that he is a trader. He would then, have been born in 1863.


 

 10 children were to be born over the course of 21 years. When Haia gave birth to Tauba, her last daughter, she was about 43 years old.

A hard life, many mouths to feed, children who died early (Dvoira and Sura) and  a latent antisemitism that exploded from time to time in Raducaneni and neighbouring areas as well as all over Europe.

 

Froim and Haia Family Tree

 See below

 

In France, 1889 was the time when the Eiffel tower was built to celebrate the French Revolution’s bicentenary, as Russia increased the number of pogroms against the Jews. A first wave of massacres took place between 1881 and 1884. Tsar Alexander III, who succeeded his assassinated father Alexander II, put an end to the liberal policies of his father. He initiated an antisemitic program as soon as he came into power. The Jews were accused of the murder of the former Tsar. Amongst the policies of the government were the following : a third of the Jews to be converted, another third to emigrate, the last third to perish. In 1881 more than a hundred pogroms broke out : the main pogroms were those of Elisabethgrad on April 15th 1881, Kiev April 26th, Odessa 1880 between the 3rd and 5th of May, and Warsaw, under Russian domination between December 1881 and  January 1882 and in Balta on March 22th, 1882.

 

The local Christian population, supported and encouraged by the Tsar’s police, attacked the Jewish communities in the towns and villages with the approval of the civil and religious authorities.

 

Jewish goods and properties were sacked, in addition to rapes and murders. The troops would arrive at least three days after the beginning of the pogroms. The Russian governement used pogroms to limit the economic rights of the Jews  and to expel them from the villages.

 

A second wave of pogroms touched the Jewish population between 1903 and 1906. The most important were those of Kichinev, April 6th 1903, Jitomir, May 1905 and Bialystok, 1st July 1906. At Kichinev, the murder of a young Christian,  Michael Ribalenko, lit the fire. Though it was clear that the kid had been killed by a parent, who was arrested later, a Russian antisemitic newspaper insinuated that he had been killed by the Jews who wanted to use his blood to do the matza. Accused of ritual crime, the Jews suffered a three day pogrom, the governor ordering the police not to interfere. After the April pogrom of  1903, the Jews of Kichinev organized selfdefense comittees, but they couldn’t prevent 19 more Jews being killed during the new attacks on october 19 and 20th 1906.

 

 

Kichinev/Chisinau was the capital of Bessarabia, then under Russian  domination, less than 150 kms from Raducaneni. Russian Cossacks even crossed the River Prut on horseback to come and kill people in Raducaneni, leaving their lifeless bodies in the streets. Those pogroms convinced millions of Jews to migrate to the West or Israël creating a new wave of Jewish emigration and giving arguments to the first Zionists.(3)

 

At the same time the Dreyfus affair divided France. It involved the conviction for treason in November 1894 of Captain Alfred Dreyfus based on false documents and because he was a Jew. He was sent to prison and though evidence of his innocence was proven, he had to wait until 1906, to be exonerated and reinstated as a major in the French Army.

 

In March 1907 the Farmer’s Revolution in Romania burst out. Peasants, who had been kept in misery by a system of abusive farm tenancy rebelled. Harshness and scarcity struck the lands of Moldavia, followed by the towns and then Wallachia. Farmers and owners were killed, harvests were burnt and shops were sacked


 


On March 18th 1907, a state of emergency was declared. Liberals allied to the conservatives in power and the government called on the army who repressed the peasant revolt with great bloodshed.

  Information being censored, the precise number of peasants killed remains unknow, but historians assessed it to be around 11,000. The event left its mark on the consciousnesses and the agrarian question became a priority.


Froim was 47 years old then, father of 10 children, his last one, Tauba aged only 2. During the revolt, the authorities of Raducaneni took advantage of the event to create an antisemitic atmosphere, which encouraged the neigbouring gypsies of Pietris, a town close to Raducaneni, to come sack the Jewish houses. The farmers lead by the parish priest came to help the Jewish families and pushed them back. But the authorities, hostile to the Jews, succeeded, in December of the same year, to expel 6 Jewish families pretending that they disturbed the peace in the town. They tried to expel all the remaining Jewish families at the beginning of the year in 1908, but didn’t succeed. Had 30% of the Jews abandoned Raducaneni the economy would have been left unsettled.

 

What was the impact of this event on the Feldman familiy  four years after the first Chisinau/Kichinev pogrom and its extension to Raducaneni? Three decades later, the Nazi terror beat down on Europe, the repetition of an old story reached its height.

Already in Poland where 80% of Europe’s Jews lived, the most violent pogroms against them had taken place two centuries previously. Ukrainian peasants had suffered heavy taxation from Polish landlords. To collect these taxes they employed Jews for their efficiency in commerce.

 

In 1648 Bogdan Chemieski, the Cossack chief, made an alliance with the Ukrainians and the country was put to fire and sword. They attacked the Jewish tax collectors and by extension all the jews. 300 villages were extermined. A Rabbi described the horrors(4), the few survivors fleeing Poland.

 

Before Raducaneni and Iasi where did our family come from ? Did it come from Poland ? Did it emigrate to Moldavia to get away from the Russian and Polish pogroms ? Or did it come from Germany ?

 

 

The Feldman – Lupu Origins

 

Our ancestors could have come from Germany, but did they come at the very beginning with the Romans or later, in the Middle Ages ? Or did they flee the progroms of 1648-1649 following the Polish-Lithuanian War putting the Russian Cossacks in conflict with the Polish nobility?

 

Were they from Bessarabia on the other side of the border, a land that was sometimes Romanian and sometimes Russian? Bessarabia showed more clemency to the jews than Russia until 1880 when Jewish families were expelled and where pogroms took place in 1903 and 1905 in Kichinev. But in  1880, our family was already in Moldavia.

 

Raducaneni was founded around 1838, and many families came from Polish Galicia especially from Lviv, where the Lupu originated ?

 

 

 

The children of Froim Feldman and Haia LUPU

 

They had 10 children but Dvoira, the fourth daughter died at the age of 18 months in 1893 and my father never heard of Sura born 23th octobre 1893 whom death certificate was not yet found.

 

Most of Froim’s and Haia’s children settled in Iasi, and became traders or married traders.

 

Rebeca married Froim Katz (Iancu) in august 1908, she died after gallblader surgery before WWII.

 

Izidor became a trader in Iasi. He died during WWII in the bombing of 5-6 july in his house, with his wife Olga and his son Haynu. Isidor hid my father in his house, at great risk to his life, when he sought shelter after escaping the Iasi pogrom of June 1941.

 

Roza married Bentin Goldenberg, Bentin was taken with my father during the pogrom of Iasi and managed to escape seperately. Roza and Bentin emigrated to Israël after WWII like many other Jews.

 

Hana died at 21 of tuberculosis.

 

Irena married Misu Pascal a civil servant and Tauba married Beno Moscovici, a trader. They were the only ones to remain in Iasi after the war.

 

Hersco, Herman became a trader. He married Anuta Marcovici and emigrated to Israel. They had a son, Liviu, who has two sons. They are the only men bearing the name Feldman of the Froim branch.

 

Leizer Feldman was my grandfather. He was born in Raducaneni in 1887 on January the 4th. At that time, the Julian[5]calendar was in use in Romania, and his birthday would have been on January 16th in the Gregorian calendar.

 

At the age of 12 (1899) he was involved in his first commerce, selling things here and there. He was between 16 and 19 when the pogroms of  Chisinau, the Farmer’s Revolt and the attempt to expell the jews from Raducaneni took place. Did these events encourage him to leave Raducaneni and settle in Iasi ? Or did he just want to leave because Raducaneni was a small town mostly occupied by farmers ? Anyway, he left it very young and set up his own business, in partnership with his cousin, then his brother in law, Froim Katz, Rebeca’s husband, and lastly his brother, Izidor ..

 

He certainly did not live in Raducaneni when WWI broke out. Aged 29, he was a soldier  in the « Sapte Rosiori » cavalry regiment, and had to shelter in Odessa, in the Ukraine during the  retreat of 1916, which was about 260 kms from the Romanian border, to avoid being caught by the German army.

 

When he came back he married Sima-Brana on November 27th 1918. His first son, my father, Osias was born on September 26th 1919, then came Fredi (Froim) on July 17th 1922 and Jean (Iancu) on June 20th 1929.

 

Leizer settled in Iasi, his shop stood on Costache Negri street and was called  « la Pisica » (the cat), named after his brother-in-law, his first partner, Froim Katz. Katz meaning « cat » in German. There he sold haberdashery, needles, ribbons, dolls with hats, which could pee when one pushed a button.

 

The period between the two wars was calmer. Life was punctuated by religious feasts, theatre, cinema and visiting cousins and neighbours. Cars could go no faster than 50 kms/hour, and transport was mostly by horse-drawn carriage that created a lot of dust when they came by the houses.

 

Towards the end of the thirties Fascism and antisemism rose to a peak and WWII broke out. The Jews of Iasi, on the border with the USSR suffered a dreadful  pogrom in June 1941, from which my father miraculously survived. Leizer’s shop burned during a bombing and his brother Izidor died during the bombing.

After the war, the Communist party came to power. Jean migrated to France in 1947 and two decades later made it possible for us to join him.

My parents left Romania in May 1964, Fredi and Eva arrived in July and Leizer and Sima in the autumn of the same year.

When Leizer left Romania, he was still runing his shop at the age of 77. He arrived in France, not knowing a single word of French. Little by little his cognitive state declined. He died in 1974, aged 87.

 

The descendants of Froim and Haia lived in Iasi, or emigrated to Israël or France .

 

 

Translated by Danielle Feldman, revised by Nicholas Beeson

1) Iasi and Raducaneni were town where there was a significant presence of Jews. In 1859 of the 378 dwellers of Raducaneni, 81% were Jewish, this number diminished progressively until no Jews were left in Raducaneni after WWII.

2) See Raducaneni’s history

3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Pogrom

4) Le Fond de l'abîme, Rabbi Nathan Nata Hannover

5) Rumania adopted the gregorian calendar on march 18th 1919. 



[5] Rumania adopted the gregorian calendar on march 18th 1919.

 

[2] See Raducaneni’s history.

[1] Iasi and Raducaneni were town where there was a significant presence of Jews. In 1859 of the 378 dwellers of Raducaneni, 81% were Jewish, this number diminished progressively until no Jews were left in Raducaneni after WWII.